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La sortie du 28 juillet à Marcols les Eaux

Marcols les Eaux, Saint Julien d‘Orcival


Une quarantaine de participants intéressés ne s‘est pas laissée décourager par la canicule annoncée pour la journée de monter à Marcols les Eaux pour cette seconde sortie PHA de l‘année. Chaleureusement accueillis au Camping Municipal de Marcols et bien installés dans sa salle de réunions, les participants ont d‘abord appris un peu de l‘histoire du pays.

Au XVIIème siècle, la paroisse de Saint Julien d‘Orcival qui s‘étendait du Rocher de Don à Féouzet, était partagée entre plusieurs seigneuries. Elle comprenait de nombreux hameaux, dont Marcols, le plus important, et aussi Albon, plus petit. Ces deux hameaux étaient reliés sur la rive droite de la Gluyère par la route de St.Pierreville à Marcols qu‘on appelle aujourd‘hui la „ vieille route “. Elle desservait notamment le Prieuré et le hameau de Serrepuy. La rivière Gluyère et ses affluents ont joué un rôle important dans le développement de la vallée, par l‘exploitation d‘une source d‘eau minérale (la Source Janvier), et par l‘implantation de nombreux moulinages. La nouvelle route, créée sur la rive gauche de la Gluyère en traversant le hameau d‘Albon, a favorisé ce développement. En 1913, Albon est devenu une commune autonome, créée à la suite de sa scission d‘avec Marcols. Ce n‘est pas par hasard donc qu‘Albon est une commune dépourvue d‘église, mais possédant un temple.


Après cette introduction, nous nous sommes rendus au centre du village pour visiter l‘église paroissiale. Didier Picheral nous a présenté l‘histoire de cette église entre 1680 et 1740 qui se trouve quand-même dans une zone très réformée. Claude Burine a évoqué les abjurations en masse qui ont eu lieu au village le 12 octobre 1685, donc à la veille de l‘édit de Fontainebleau.


Ensuite, nous nous sommes rendus aux ruines du Prieuré qui nous ont été présentées par Régine Ribeyre. Nous avons continué notre périple pour parvenir au hameau de Serrepuy. De ce point de vue, Claude Burine nous a montré un nombre impressionnant de lieux où se sont tenus des assemblées clandestines. Malgré l‘abjuration (qui était indispensable pour ne pas mettre en danger l‘existence matérielledes familles), les „ nouveaux convertis “ sont venus y célébrer leurs cultes dans la clandestinité, entre la Révocation de l‘Èdit de Nantes (1685) et l‘Édit de Tolérance (1788). On a, ensuite, parlé du premier temple de Marcols, édifié en 1653 et détruit en 1684, aussi d‘un second lieu de culte bâti au Hameau de Mauras ; et nous avons vu le bâtiment qui avait pu être amenagé pour servir de temple.


De retour au Camping, nous avons découvert le stand librairie de Francis et Claude et dégusté le repas. Les uns n‘avaient pas trop de confiance face à la météo et le prenaient dans la salle, les autres profitaient de l‘air frais dehors.

En début d‘après-midi, nous sommes retournés au village pour découvrir le moulinage La Neuve, située sur a rive gauche de la Gluyère (qui l‘alimentait en eau et en énérgie). Isabelle Fehrenbach nous présentait tout d‘abord ce moulinage qui pouvait être sauvé au cours du siècle dernier grâce à la vigilance et l‘engagement de Marie Giraud. Après la visite de cette usine fabuleusement sauvegardée (et des explications téchniques fort intéressantes du fonctionnement des machines qui tournaient encore à la seconde moitié du siècle dernier !), nous sommes passés à pied à la maison forte DU ROUX, où Claude Burine pouvait retracer l‘histoire de la famille DESCOURS de Marcols.

De retour au Camping (et gâtés par un soleil clément qui faisait oublier l‘averse de la fin de la matinée), Isabelle Fehrenbach présentait brièvement la famille Giraud qui avait construit le moulinage La Neuve. Elle évoquait notamment Marie Giraud et ses engagements sociaux et humanitaires (entre autres, elle avait accueilli les enfants des hameaux pour leur permettre de se retrouver dans une espèce de garderie et d‘école biblique, elle avait aussi oeuvré pour cacher des juifs, persécutés pendant l‘occupation allemande, et en novembre 1943, elle avait caché pendant quinze jours John Brough, le seul aviateur survivant à la catastrophe d‘une Halifax qui s‘était heurté le 4 novembre 1943 au rocher de Bourboulas).

Pour arrondir le programme de l‘après-midi, Didier Picheral nous parlait encore des mouliniers protestants, évoquant les raisons pour lesquels les réformés étaient devenus, après la revocation de l‘édit de Nantes, les „ Seigneurs de la soie “.  

Vous trouverez ci-après un petit florilège de photos de cette sortie. Il suffit de cliquer sur les photos pour les agrandir.